L’Humanité : Interview de Philippe Dominati à propos du Référendum ADP

PARTIS POLITIQUES, SYNDICATS, ASSOCIATIONS, GILETS JAUNES….EN RANGS SERRÉS

Jeudi 20 Juin 2019

Les opposants à la privatisation d’ADP vont devoir réunir 4,7 millions de signatures en neuf mois. Pour mémoire, la votation citoyenne contre le changement de statut de La Poste n’avait mobilisé « que » 2 millions de personnes, en 2009. Dix ans plus tard, les opposant fourbissent leurs armes, côte à côte. Leurs arguments.

Daniel Bertone, de la CGT ADP. « C’est une première dans l’histoire de la Ve République »

« Les aéroports sont un outil stratégique : ADP ne fait pas que gérer des boutiques de luxe ! Roissy constitue la porte d’entrée principale pour tous les passagers qui viennent en France. J’ajoute qu’on ne souligne pas assez le poids économique d’ADP, qui représente tout de même 8 % de l’emploi en Île-de-France.

Nous allons entamer un combat de neuf mois. L’ampleur du défi tient aussi à la nature de l’entreprise concernée : tout le monde ne prend pas l’avion, ADP est bien moins connu des Français qu’Engie (l’ancien GDF), par exemple. Il va donc nous falloir sensibiliser l’opinion sur l’enjeu beaucoup plus large de l’avenir des services publics. (…)

Philippe Dominati, sénateur de Paris, apparenté LR
« En tant que libéral, je suis de manière générale favorable aux privatisations. Mais les conditions ne me semblent pas réunies ici. Pour que les privatisations soient profitables aux citoyens, il faut que les entités économiques soient amenées à faire baisser les prix par le jeu de la concurrence.
Dans le cas d’ADP, il s’agit d’un monopole. La concurrence n’entre donc pas en ligne de compte. Par ailleurs, il s’agit d’un bradage plus que d’une privatisation, comme semble l’indiquer le prix de vente d’ADP.
On nous indique que la société devrait être valorisée à hauteur de 25 fois ses bénéfices annuels… Alors même qu’on nous parle d’une concession de 70 ans! L’État va donc perdre de l’argent.
La collecte des signatures n’est pas une mince affaire. Sile combat n’est mené que par une partie du spectre politique, ce sera l’échec du référendum. D’où la nécessité pour la droite de se mobiliser elle aussi. Je suis plutôt optimiste là-dessus : à chaque
fois que nous organisons une réunion publique sur le sujet, on voit que cela capte
l’attention des citoyens. »

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